Depuis 2025, FH Suisse soutient un projet au Tchad, avec des premiers résultats encourageants.

En 2025, FH Suisse a élargi sa zone d’intervention en intégrant le Tchad. Le projet « Renforcement de l’agroécologie pour l’autosuffisance alimentaire » a pour but de promouvoir la résilience des petit·es producteur·rices dans la Province du Mandoul. Bernadette Ndiguindji, participante au projet, témoigne de son expérience avec les nouvelles pratiques agroécologiques acquises.
Par FH Suisse
Le projet de FH dans la Province de Mandoul au Tchad s’articule autour de deux volets : d’un côté, la transformation structurelle des pratiques agricoles à travers des formations aux pratiques agroécologiques et de l’autre, de distribution de vivres. Bernadette Ndiguindji du village de Kemkada, qui est productrice et membre du groupement de femmes NDIYAN-IKLA, témoigne du chemin qu’elle a parcouru grâce au projet:
« Ma plus grande fierté est d’être devenue formatrice relais. Je ne suis plus seule, j’encadre un groupe de 15 femmes à Kemkada. Nous ne pratiquons plus une agriculture de survie, mais une agriculture de progrès. Au début, j’étais sceptique, je me demandais comment nourrir ma famille sans engrais chimiques, alors que même avec eux, je n’y arrivais pas. Aujourd’hui, je regarde mon champ et je vois la réponse. »
Grâce aux formations, Mme Ndiguindji produit désormais 800 kg de compost par cycle. Dans ses mots, le compost est de « l’or noir » qui redonne gratuitement la vie à sa terre. Elle n’est plus obligée de dépenser de l’argent pour protéger ses cultures en achetant des pesticides toxiques. Elle fabrique ses propres biopesticides à base de neem et de piment, elle dit « C’est sain, gratuit et si efficace que mes voisines et voisins viennent m’en acheter. »
Mme Ndiguindji a effectué une première formation dédiée à la fabrication de compost et biopesticides. Durant cette formation l’approche participative a été utilisée afin de faciliter l’appréhension et la compréhension des thématiques. Une deuxième formation sur les techniques de paillage, la rotation et les haies vives a démontré que ce sont des pratiques qui permettent non seulement d’augmenter les rendements, mais aussi de restaurer les paysages sahéliens dégradés.
« La technique du paillage a été une révélation : mon sol reste humide, même sous un soleil de plomb, et mes plants de maïs, d’aubergine et de gombo restent vigoureux là où d’autres flétrissent » nous confie Mme Ndiguindji.
Pour renforcer les capacités techniques des 10 producteur·rices leaders formé·es à la production de compost et biopesticides et leurs permettre d’être autonome, une distribution de kits de production a été organisée. Ces kits comprennent entre autres, des brouettes, des arrosoirs et des bâches.
« Vous ne nous avez pas seulement apporté de l’aide, vous nous avez rendu notre dignité. J’espère que ce soutien se poursuivra pour que d’autres mères du Mandoul puissent, comme moi, voir leurs enfants grandir en bonne santé et aller à l’école grâce à la terre. »
Après une année, le projet montre un impact significatif pour la communauté :
Ce projet est mis en œuvre dans le cadre du programme international « Résilience 360 », coordonné par Interaction et soutenu par la Direction du Développement et de la Coopération (DDC).
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