Vivre la transition écologique dans son Eglise locale

EcoEglise, c’est une trentaine de paroisses et de communautés chrétiennes suisses romandes impliquées dans la transition écologique. En mai dernier, Radio R a accueilli Gabriela Joray, biologiste, et Jean-Daniel André, membre de l’Eglise évangélique La Colline à Crissier. Ils étaient les invités de Serge Carrel dans l’émission « Un R d’Actu » pour parler de transition écologique et d’Eglise locale.

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Vivre la transition écologique dans son Eglise locale
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17 septembre 2022
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La biologiste Gabriela Joray travaille à 40 pour cent pour l’ONG A Rocha, une des associations qui a mis sur pied le projet EcoEglise. Dans ce cadre, elle propose différents cours, dont un intitulé « Jardins naturels » qui a été donné il y a quelques mois à l’Eglise évangélique La Colline à Crissier. Pour elle, c’est tout d’abord une manière de « mettre en mouvement les membres des Eglises en abordant un sujet simple, celui des jardins et des extérieurs en général », tout en effectuant une action en commun et autour de leur église.

Pour Jean-Daniel André, membre de l’Eglise évangélique La Colline à Crissier, organiser une telle formation était une priorité dans un des pays qui compte le plus de perte de biodiversité au monde. La conservation de la création fait d’ailleurs partie des cinq missions de l’Eglise, selon l’Engagement du Cap publié par le Mouvement de Lausanne en 2011 (1). « Pour moi, c’est très important de remettre cette dimension de la conservation au centre des préoccupations de l’Eglise et de pouvoir ainsi développer cette prise de conscience », souligne-t-il.

 

Ecologie, oui mais comment ?

En ce qui concerne l’Eglise évangélique La Colline à Crissier et le cours « Jardins naturels », Gabriela Joray a débuté la journée avec une visite guidée et commentée du jardin qui entoure le bâtiment. « Cette Eglise a la chance de posséder beaucoup d’extérieurs, d’espaces verts – pas seulement des places de jeux, mais aussi un petit potager – et d’être entourée de terres agricoles. » La biologiste et les membres de l’Eglise y ont découvert des « milieux très variés ». Ils ont également pu identifier certaines espèces invasives qui prennent souvent la place des plantes indigènes. Jean-Daniel André a participé à cette journée. Il a été impressionné par la grandeur et la diversité de cet espace.

L’occasion a été saisie pour organiser, par la suite, une journée d’entretien afin d’éliminer certaines de ces espèces envahissantes. Cependant, la biologiste tenait à rappeler un élément essentiel de la biodiversité : « C’est toujours intéressant d’avoir une variété de milieux différents. Quelques ronces ne sont pas dommages, tout comme les arbustes épineux, car ils vont servir de refuge aux oiseaux. L’idée n’est donc pas de tout enlever mais de varier les biotopes. »

 

Faire quelque chose à son niveau

Gabriela Joray a rencontré un public très intéressé et curieux de recevoir des conseils applicables au quotidien. Au-delà des conseils pratiques, cela a permis « de poser les bases pour tout le monde », ainsi que d’éveiller les consciences. En tant qu’un des organisateurs de ce cours, Jean-Daniel André a trouvé que les membres de son Eglise « avaient vraiment envie de faire quelque chose à leur niveau. C’est ce qui est intéressant dans la démarche ! Les grandes votations, on ne sait pas vraiment quoi en faire. Ici, chacun a été appelé à créer un plan pour son propre balcon ou son propre jardin. »

A la suite de la journée, Gabriela Joray a proposé un atelier avec diverses ressources, comme des livres par exemple, tout en se tenant à disposition. Elle a donné des conseils plus individuels concernant l’aménagement des espaces extérieurs chez les particuliers, ce qu’elle fait régulièrement dans le cours « Jardin paradis vivant » proposé aux Eglises et aux particuliers et qui reprend le nom d’un des projets de conservation d’A Rocha Suisse.

 

Et concrètement, ça donne quoi ?

Étant inscrite dans la démarche EcoEglise, l’Eglise évangélique La Colline a développé tout une réflexion autour de sa consommation d’énergie. Concrètement, après 25 ans d’utilisation d’un chauffage à gaz, cette Eglise s’est engagée à passer à une pompe à chaleur d’ici 2023. Cela a d’abord nécessité un bilan énergétique du bâtiment, qui leur a permis de baser la nouvelle installation sur une consommation concrète et pas un modèle théorique. En ce qui concerne l’isolation du bâtiment, étant déjà dans les normes exigées, ils ont décidé d’attendre 15 à 20 ans avant de refaire toutes les fenêtres et façades. De plus, ils ont installé des panneaux photovoltaïques qui leur permettent d’amortir complètement leurs frais d’électricité.

Ces réflexions ont également eu de l’effet sur les membres de la communauté puisque, pour des raisons économiques ou par convictions écologiques, « beaucoup ont installé sur leur maison privée du photovoltaïque. Certains ont même fait des jardins en permaculture et désirent poursuivre dans ce domaine. » Ce que relève Jean-Daniel André avec une certaine fierté ! Pour Gabriela Joray, il est « intéressant d’avoir une vision sur le long terme » et c’est « une bonne démarche d’en discuter tous ensemble et de débattre. Il n’est pas interdit d’avoir des avis différents ! C’est ce qui fait la force d’une communauté. »

 

Sarah Schmitt 

Cet article est un reproduction autorisée de l’article publié par Radio R

Note
1  L’engagement du Cap, Marpent, BLF Europe, p. 62-63. Voir aussi sur internet: L’engagement du Cap, II, B, 6, « La paix du Christ pour sa création souffrante ».

Pour en savoir plus sur la démarche EcoEglise ou sur le cours « Jardin paradis vivant », voir le site d’EcoEglise et celui d’A Rocha.

Ecouter l’émission « Un R d’Actu » avec Gabriela Joray (A Rocha) et Jean-Daniel André (membre de l’Eglise évangélique La Colline à Crissier).

 

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